Au Cameroun, l’affaire Eboa Lotin ou les 2 000 F. CFA qui fâchent
- 14 octobre 2026
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La toile s’est enflammée après un post du fils de Eboa Lotin, artiste de regrettée mémoire, où il présente un billet de 2000 F. Cfa comme « sa part » sur les droits d’auteurs de son père versés par la Sonacam.
6 octobre 1997 – 6 octobre 2026. 29 ans déjà que la légende Eboa Lotin s’est éteinte à l’hôpital Laquintinie de Douala au Cameroun. Depuis quelques semaines, une affaire le concernant fait couler beaucoup d’encre et de salive sur la toile. Henri Lotin, l’un de ses fils, a fait une sortie sur la somme perçue comme droits d’auteur pour son catalogue. 2000 F. Cfa !!!
« Voici ma part sur les droits d’auteurs de la musique de mon père, versés par la Sonacam. Vous voulez que ce pays soit pris au sérieux comment ? », écrit Henri Lotin sur son compte X (anciennement Twitter).
Le post est accompagné d’une main tendue présentant un billet de 2 000 F. Cfa. Contacté, Henri Lotin, le fils de la légende, indique que le montant réel perçu par les ayants droits d’Eboa Lotin par la Sonacam est de 30 000 F. Cfa. Henri Lotin explique ensuite la clé de répartition. Il détaille que 50% du montant perçu reviennent à la veuve et les autres 50% sont repartis à l’ensemble des héritiers. Une fois les 15 000 F. Cfa des héritiers divisés entre eux, Henri s’est retrouvé avec 2 000 F. Cfa en main. Le post a suscité des interprétations et interrogations sur les réseaux sociaux.
La Sonacam monte au créneau
Face au tollé sur la toile, la Société nationale camerounaise de l’art musical (Sonacam) a tenté de rétablir les faits à travers un communiqué rendu public le 24 septembre 2026. Le document est signé du Président du conseil d’administration (Pca) de la Sonacam, Dr. Ateh Francis Ngong (Ateh Bazore). Il y dénonce une campagne de dénigrement et de sabotage orchestrée par certains médias. Sur le montant remis aux ayants droits de Eboa Lotin, « la Sonacam s’inscrit en faux contre ces déclarations mensongères et réitère les propos du Pca publiés dans son communiqué du 17 septembre 2026 qui précisait que le montant minimal pour cette répartition était de 30 000 F. Cfa et le maximum de 300 000 F. Cfa », écrit Ateh Bazore.
Mais au-delà de ces clarifications, une question demeure dans l’univers artistique : est-il légitime pour une icône culturelle de la dimension d’Eboa Lotin de percevoir un tel montant ? Pour Othniel Mombel, opérateur culturel, le véritable problème se situe ailleurs, au niveau de la collecte des redevances. En rappel, selon la loi N°2000/011 du 19 décembre 2000, les droits patrimoniaux d’un artiste sont protégés jusqu’à 50 ans après sa mort. Les ayants droit du père du Makossa-Funk devraient donc bénéficier des fruits de son œuvre jusqu’en 2047. Décédé le 6 octobre 1997, Eboa Lotin comptait à son actif plus de 70 chansons et un disque d’or obtenu en 1978. Une légende dont l’héritage musical semble aujourd’hui valoir bien peu.
Aroun Nazira






















