A l'univsersité de Yaoundé 1, les anciennes pièces de monnaie de la BEAC créent des désaccords entre étudiants et commerçants.

Dans le campus, les universitaires vivent le calvaire devant les propriétaires de secrétariats et autres vendeurs qui refusent systématiquement d’encaisser les anciennes pièces de monnaie mises en circulation entre 1959 et 1985 par la BEAC.

Au campus de l’université de Yaoundé 1 au Cameroun, les étudiants vivent le calvaire. Ils se font régulièrement agresser verbalement par les gérants de secrétariats et les vendeurs lorsqu’ils règlent la facture avec les pièces  de monnaie mises en circulation entre 1959 et 1985 par la BEAC. Il manque souvent de peu pour en venir aux mains. Les commerçants expliquent qu’ils ont choisi d’écarter ces pièces de leurs caisses parce qu’ils craignent de se retrouver avec une monnaie inutilisable lors des transactions.

« Je ne peux plus accepter ces anciennes pièces dans mon commerce, comme les pièces de 500, parce que quand j’arrive au marché, on ne les prend pas et je me retrouve avec un argent que je ne peux pas utiliser. Ça me fait des pertes dans mon commerce. »,

se plaint Yannick, un commerçant du campus.

Pour s’éviter l’humiliation et les altercations quotidiennes, les étudiants sont désormais contraints d’effectuer un tri minutieux dans leurs poches avant chaque achat. La moindre photocopie de cours, l’impression d’un devoir ou l’achat d’un goûter ou d’un déjeuner devient un véritable casse-tête. Il faut inspecter chaque pièce, écarter les anciennes coupures et espérer rassembler suffisamment de « bonnes » pièces pour finaliser la transaction.

« C’est vraiment difficile ces derniers temps à l’université. Dans le communiqué, la BEAC a dit qu’on pouvait changer nos anciennes pièces de monnaie auprès des commerces et des banques, mais ce n’est pas ce qui se passe. Les gens refusent de plus en plus de les prendre et nous, on se retrouve avec un argent inutile alors que le 1er novembre 2026 n’est même pas encore arrivé », se lamente Daniel Sikamle, un étudiant.

 

LIRE AUSSI : Route Pk 14-Pk 17, le calvaire des étudiants de l’université de Douala

Que dit la loi ?

Une pratique quotidienne qui, au-delà d’entraver le déroulement normal des activités académiques, plonge les étudiants de l’université de Yaoundé 1 dans un stress constant dans leur lieu d’études. Bien avant l’échéance fixée au 1er novembre, ces coupures semblent déjà avoir perdu toute valeur aussi bien à l’université que dans les espaces marchands, les transports et autres secteurs d’activités dans la capitale politique. Face à cette peur générale et à ce refus précipité, une question demeure : les commerçants ont-ils réellement le droit de rejeter ces pièces avant la date limite ?

La loi est claire sur le sujet. L’article 223 du Code de procédure pénale dispose en effet qu’ «est puni d’un emprisonnement de dix jours à trois mois et d’une amende de 1.000 à 100.000 francs ou de l’une de ses deux peines seulement celui qui refuse la monnaie ayant cours légal dans la République à concurrence de son pouvoir libératoire ». Jusqu’à la date officielle du 1er novembre, ces pièces conservent donc toute leur valeur légale ; bien que les refus et les altercations ne cessent de se multiplier.