Locko : « Purple Love c’est le journal de bord de mon parcours émotionnel»
- 25 août 2025
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L’artiste camerounais Locko qui totalise dix ans de carrière parle de son nouvel album Purple Love qui présente ses doutes, cicatrices et histoires d’amour.
Purple Love. Pourquoi ce mélange de couleur et d’émotion pour nommer votre album ?
Le violet est une couleur qui symbolise la noblesse, l’intensité, la profondeur et l’amour. C’est justement tout ça. Purple Love, c’est une manière de dire que l’amour mérite d’être regardé avec grandeur, même dans ses contradictions. C’est un titre qui me ressemble, qui intrigue, mais qui raconte surtout une vérité intime.
Les titres dans Purple Love sont-ils inspirés de vos expériences durant vos 10 ans de carrière ?
Totalement. Cet album, c’est un peu le journal de bord de mon parcours émotionnel. J’y ai mis mes doutes, mes espoirs, mes cicatrices, mais aussi mes plus belles histoires. Chaque chanson est liée à un moment de vie, parfois personnel, parfois observé. Après dix ans, j’avais besoin de me livrer sans filtre.
On ressent dans le titre “Espoir” des sonorités de bikutsi. Pourquoi le choix de ce rythme ici, et pas de l’Essewe comme à vos débuts ?
Je voulais expérimenter autre chose. Le bikutsi a une énergie brute, directe, qui portait parfaitement le message du morceau. “Espoir”, c’est un cri du cœur, un appel à tenir bon. Le rythme soutient ce message. Mais je n’ai pas renié mes origines musicales. J’ai simplement voulu leur offrir une nouvelle forme.
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On constate que vous avez traversé plusieurs étapes dans votre carrière, du RnB pur aux rythmes afro. Que dit cet album de votre évolution musicale ?
Il dit que j’ai grandi. Que je n’ai plus peur d’explorer. Je suis resté fidèle à mon style R&B et afro-pop, en explorant dans Purple Love les nuances de l’amour, de la passion et de la vulnérabilité. Les morceaux comme Intro, Confession ou Espoir illustrent cette introspection émotionnelle. L’album se distingue par une production soignée, mêlant des sonorités modernes à des influences africaines, offrant, je l’estime, une expérience auditive riche et diversifiée.
Vous avez annoncé que Purple Love est votre meilleur projet à ce jour. Qu’est-ce qui vous amène à le dire ?
Oui, c’est mon projet le plus abouti. J’ai eu le temps de le construire, de le peaufiner. Il est sincère, précis, émotionnellement chargé. Je me sens enfin aligné entre ce que je suis, ce que je ressens et ce que je chante. C’est un projet que je porte avec fierté, parce qu’il me ressemble à 100 %.
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L’album mélange plusieurs genres et ambiances. Comment avez-vous construit cette direction artistique ?
J’ai beaucoup écouté, observé, ressenti. Je voulais un album cohérent mais jamais répétitif. J’ai tenu à rester fidèle à mon ADN, mais en ouvrant des fenêtres vers d’autres sonorités. Purple Love est une traversée émotionnelle. Chaque chanson est un chapitre. J’ai travaillé avec une exigence de producteur, tout en gardant mon oreille de chanteur et mon cœur de compositeur.
Comment s’est faite la collaboration avec Ben Decca et que représente-t-elle pour vous ?
Le titre avec Papa Ben, TPMP, est un vrai honneur pour moi. Le fait qu’il m’accepte comme son fils est un privilège. C’est un artiste que je respecte profondément, une légende vivante. Partager une chanson avec lui, c’est graver dans le marbre cette transmission entre générations. On a chanté l’amour, mais aussi la reconnaissance.
Quelle chanson de l’album vous parle le plus personnellement et pourquoi ?
Les sons qui me parlent le plus sont Ramasser, Commander ou encore Miondo. Ils ont des sonorités très différentes, mais ils portent tous le même objectif : cette fusion élégante, cette émotion contenue, cette marque musicale que je revendique aujourd’hui. Ce sont des morceaux où je suis à nu, mais dans un écrin.
En tant qu’artiste, producteur, compositeur et interprète, comment avez-vous équilibré votre rôle en studio pour cet album ?
C’est un vrai défi, mais aussi une chance unique. En tant que compositeur, j’ai pu écrire des chansons qui me ressemblent, pensées dès la première note pour porter les émotions que je voulais transmettre. Être aussi producteur, c’est avoir la liberté d’aller au bout de cette vision, de choisir les sonorités, les textures, les rythmes. Et en tant qu’interprète, je me suis appliqué à donner vie à chaque mot avec sincérité. J’ai été présent à toutes les étapes, entouré d’une équipe qui comprend ma direction artistique. C’est ce mélange de casquettes qui donne à Purple Love toute sa cohérence.
Quels sont les premiers retours de cet album ?
Les retours sont très positifs et me touchent profondément. Beaucoup me disent qu’ils ressentent la sincérité, l’émotion. C’est le plus beau compliment. Mais Purple Love, c’est plus qu’un album. C’est un concept. Il a déjà commencé avec les Locko Sphère Expérience et il va continuer avec des concerts, des clips, des échanges. Je veux que le public vive ce projet avec moi jusqu’au bout.
Propos recueillis par Mathias Mouendé Ngamo




















