violences sur les hommes en tenue au Cameroun

La région du Littoral n’a pas échappé à ces scènes de violences entre usagers et hommes en tenue abondamment partagées sur les réseaux sociaux ces derniers jours.

Depuis quelques jours, les bagarres entre hommes en tenue et usagers ont pris de l’ampleur dans la société camerounaise et agite les réseaux sociaux. L’on voit très souvent des policiers, gendarmes, ou militaires qui se donnent en spectacle en échangeant des coups de poing sur la place publique avec des civils. C’est pour mettre fin à ces dérives que Samuel Dieudonné Ivaha Diboua, le gouverneur de la région du Littoral, a tenu une réunion de sensibilisation et de réarmement moral vendredi 10 septembre 2021, dans la salle polyvalente de ses services à Bonanjo.

Les leaders d’opinion, responsables des partis politiques, membres de la société civile et hommes de médias ont pris part aux échanges. En face, les autorités administratives de la région du Littoral, les hauts fonctionnaires de la police, de la gendarmerie et de l’armée ont pris place. Le président de la commission des Droits de l’homme a également assisté aux discussions.

Trois articulations ont meublé les travaux de vendredi. La première phase a consisté à donner la parole à la « société » pour que les uns et les autres puissent énumérer les causes de ces dérives. Dans sa prise de parole, Maximilienne Ngo’o Mbé a soutenu que c’est la corruption, la frustration orchestrée par ces hommes en tenue qui causent cette montée de violences entre usagers et hommes en tenue. Pour Célestin Djamen, leader d’un parti politique, le manque d’éducation civique chez les usagers est l’une des causes de ce phénomène qu’on observe dans la société.

Lire Aussi: Douala : Affrontement entre conducteurs de motos et agents de la police municipale

« Force revient à la loi »

Abel Elimbi Lobé, leader d’opinion, avait trois idées à faire prévaloir à cette réunion. Primo, il estime que le fait que les leaders des partis politiques qui ne condamnent pas ces dérives constituent l’une des raisons de ce délabrement moral. Secundo, la non application des textes règlementaires (organiques) en la matière qui sanctionnent les personnes qui portent la main sur un homme en tenue fait proliférer ce phénomène. Enfin, il espère que tout ce qui est dit dans la salle remonte au sommet de la pyramide.  

Le gouverneur du Littoral a ensuite donné la parole aux responsables des différents corps de l’armée en seconde partie des échanges. En prenant la parole, le plus haut gradé de la gendarmerie du Littoral a fait savoir que « force revient à la loi« . Il a indiqué par la suite que

« Les usagers n’ont pas le droit de porter la main sur un homme en tenue puisque c’est ce dernier qui représente la loi ».

Le délégué régional à la sureté nationale du Littoral observe pour sa part que les populations de la ville de Douala sont particulièrement frondeuses. Et c’est à juste titre qu’il a martelé avec un ton ferme qu’il faut y mettre un terme à ce phénomène. Le commissaire divisionnaire Raymond Essogo indique que jusqu’à ce jour, la région du Littoral a enregistré un seul cas et ne souhaiterai plus voir çà dans sa région de commandement.

Lire Aussi: Douala : Les sacs à dos interdits dans les bars, restaurants et supermarchés

Ce phénomène préoccupe également la Commission des Droits de l’homme du Cameroun (Cdhc). Le président de ladite commission souligne qu’il s’agit du respect de la dignité humaine qui est due à tout être humain.

« Le fait d’être en tenue, ne déshumanise pas celui qui est en tenue et ne prive pas du droit au respect de sa dignité, encore moins au respect du droit de son intégrité physique »,

précise-t-il.

Lire Aussi: Droits de l’Homme : La commission se déploie dans la région du Littoral

En reprenant la parole pour la troisième partie des échanges, le gouverneur de la région du Littoral, Samuel Dieudonné Ivaha Diboua, a condamné avec la dernière énergie ce phénomène de violences sur les hommes en tenue. Il a promis qu’il transmettra à qui de droit son rapport sur les assises du jour.

Moustapha Oumarou Djidjioua