Valery Ndongo

Dans une vidéo abondamment partagée sur les réseaux sociaux, le comédien indique que seul le président sortant détient la clé pour éviter des troubles post électoraux au Cameroun.

Le pays attend la proclamation des résultats dans les heures à venir. Une manifestation réprimée à Garoua, dans la région du Nord, a fait un mort par balle mardi 21 octobre 2025. D’autres mouvements d’humeur à la suite de l’élection présidentielle du 12 octobre dernier ont été enregistrés à Douala, Dschang, Yaoundé. Des manifestations qui ne sont pas pour calmer les esprits. Dans le pays, des appels à la préservation de la paix fusent pour inviter les uns et les autres au calme et à la sérénité.

Valery Ndongo n’est pas resté aveugle et muet au paysage politique et social actuel. Le comédien camerounais dans un ton loin de l’ironie s’adresse directement au président de la République « sortant ». Dans une vidéo publiée mardi 21 octobre 2025 sur sa page Facebook, il fait savoir que seul le président détient les clés et la solution pour éviter le pire. «C’est vous qui avez les clés pour désamorcer ce qui est entrain  de se passer là. C’est vous qui avez le pouvoir de désamorcer ce qui est en train de se préparer », lance d’un ton ferme Valery Ndongo.

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La rue gronde, le peuple bout

Dans la vidéo qui dure 9,15 mn et comptabilise 2 000 commentaires et près de 2500 partages en six heures, le comédien déconseille au Président sortant d’envoyer l’armée et les hommes en tenue pour tirer sur des gens, face à cette rue qui gronde. « Ce n’est pas la solution. Aujourd’hui, la rue gronde. Le peuple bout. Ce n’est pas parce que les gens veulent détruire le pays, veulent tout casser ou tirer. C’est ce qu’on appelle le ras-le-bol. Les gens en ont marre», fustige -t-il.

Face à la caméra, Valery Ndongo met le doigt sur ce qu’il estime être une bonne partie de la cause de cette situation. Il s’adresse aux ministres et gouvernants. A ce régime qui a passé plus de quatre décennies sans rien changer. Pour le professionnel du Stand-up, l’arrogance, l’inertie, la gabegie et le mépris envers les Camerounais constituent un socle de la colère des populations. Il cite aussi les attentes non accomplies des populations vis-à-vis de ces gouvernants lors des quatre décennies aux affaires : l’eau potable, la sécurité, la santé, la fierté d’être camerounais, les nombreux projets échoués du président de la République, entre autres.

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Si on casse c’est nous qui allons perdre

Mais pour Valery Ndongo qui comprend le ras-le-bol des populations, il n’est pas question de descendre dans la rue. Car soutient -t-il, « on sait quand et comment ça commence, on ne sait jamais quand et comment ça va finir (…). Mes frères et sœurs Kmer, si on casse c’est nous qui allons perdre. Si on brûle, si on tue, c’est nous qui allons mourir. Mais le ras-le-bol est violent. On ne peut que se retourner vers le président sortant ».

Quelle solution concrète le comédien attend -il du président ? Il ne donne aucun détail à ce sujet. Contacté par téléphone, il fait savoir que le président de la République n’est pas une personne à qui on doit rappeler ce qu’il faut faire. « La question c’est de savoir s’ils auront le courage de le faire », explique -t-il. Sans plus. Sur les motivations qui l’ont poussé à réaliser cette vidéo, le comédien évoque la situation actuelle du pays où, dit-il, « tout peut basculer ». Et de conclure qu’il espère que son message arrive au premier citoyen camerounais et touche le cœur du président et de son entourage. « Parce que la vraie solution c’est chez eux. C’est eux qui peuvent appuyer le bouton qu’il faut ».       

Mathias Mouendé Ngamo