L’exposition collective « Abstraction » ouverte vendredi 26 juin 2020 à Doual’art propose des œuvres de 14 artistes plasticiens.

Quatorze artistes plasticiens, quatorze sensibilités différentes réunies  autour d’une même exposition « Abstraction ». Comme son nom l’indique, il faut se  rapprocher des 47 œuvres artistiques exposées à Doual’art  afin d’essayer de cerner le message qu’ils transmettent. Un message pas perceptif à première vue, mais qui traite des problèmes existentiels et réels. Tenez par exemple l’installation « Inner Cry » de Winnie  Songmene placée au centre de la salle d’exposition. La sculpture de la jeune artiste  présente un homme à trois faces ou trois dimensions, vêtu des débris de miroirs à travers lesquels vous pouvez voir votre reflet de façon  multiforme. Une forme de vous, mais subdivisée ou disloquée en plusieurs morceaux. Une forme éloignée de votre apparence normale. Au-delà de la structure physique, Inner Cry montre la diversité et la complexité de l’homme, possédant plusieurs facettes qu’il ignore et qu’il se doit de découvrir. 

Si Winnie Songmene met en avant la complexité de l’homme, Ekans dans ses ouvres se pose encore les questions sur les origines de l’humain. La question du où je viens est certainement celle que vous devez-vous poser avant de parcourir son travail. Ses œuvres sont couchées sur papier canson à l’aide de stylo de couleur rouge, noir, bleue, des feutres et des crayons. Dans ses réalisations très appréciées du public vendredi 26 juin 2020, Ekans met en lumière les étapes d’une évolution incertaine.

La genèse est matérialisée par des petites graines dans un univers abstrait. La graine va ensuite germer et prendre une forme qui ne s’apparente pas à une forme humaine. Mais à première vue, les dessins ressemblent plutôt aux buissons ou aux fleurs qui s’ouvrent  au levé du soleil. La croissance de la graine subit plusieurs transformations et doit s’arrimer à un mode de vie social dans laquelle elle s’y trouve.

Pour s’en sortir, elle doit surement passer par l’exercice des petits métiers comme illustre la peinture Rostand Pokam. Les deux fresques de cet autre artiste peintre intitulées  « Waka  1 » et « Waka 2 » représentées à cette exposition sont des tableaux d’une série de 12 sur les petits métiers.  Les métiers  tels celui de cordonniers, de garagiste ou de secouriste, selon l’idée que chacun se fait dans son esprit en observant l’image de la petite caisse que semble tenir une main humaine sur la toile Waka 2. D’après  l’auteur, cette série présente ce par quoi l’on peut commencer afin d’aspirer aux choses plus grandes.

« L’idée est la quête de la suivie. J’utilise les couleurs gaies afin de réveiller la jeunesse qui semble dormir en espérant recevoir des dons prévenants des hommes politiques et autre. Pourtant il y a des petites activités qui  peuvent permettre aux jeunes de se loger, se nourrir et se soigner »,

explique Rostand Pokam.

À côté des œuvres de ces trois artistes plasticiens camerounais, les travaux de onze autres artistes sont exposés. Ces artistes en provenance de plusieurs régions du Cameroun sont  ceux qui ont été retenus à la suite d’un concours organisé par l’espace culturel Doual’art il y’a quelques mois. L’objectif étant de mettre en avant et valoriser l’art abstrait. Ainsi ces œuvres resterons accrochées jusqu’au 1er août, date de clôture de l’exposition.

Tatiana Ngnombouowo (Mutations)