A Douala, André Blaise Essama est libre
- 21 août 2026
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Interpellé le 08 novembre 2025, l’activiste camerounais André Blaise Essama a recouvré sa liberté après plus de neuf mois passés à la prison centrale de Douala.
André Blaise Essama est libre. Le tribunal militaire de Douala a rendu son verdict mercredi 19 août 2026. C’était au cours de la quatrième audience de l’affaire. La sentence, attendue un peu plus tôt la veille, a été renvoyée au lendemain suite à l’absence du juge. L’activiste camerounais déclaré « non coupable » était poursuivi pour apologie à la sureté de l’Etat. Une infraction contenue dans l’article 267 du code pénal en application au Cameroun.
Interpellé le 08 novembre 2025, André Blaise Essama a d’abord été placé en détention provisoire à la prison de New-Bell. Il recouvre ainsi sa liberté après plus de neuf mois passés derrière les barreaux. Il avait été cueilli par les hommes en tenue après une sortie sur les réseaux sociaux, où il aurait brandi une banderole d’hommages, présentant des photos des personnes décédées lors de la crise post-électorale de 2025 et l’image du candidat Issa Tchiroma Bakary.
Un collectif d’avocats s’est mobilisé pour assurer la défense d’André Blaise Essama. On y a retrouvé Me Fabien Kengné, Me Augustin Nguefack, Me Michael Assong et le collectif pour la défense citoyenne constitué de Me Mefiré Aïcha et Me Leonce Mbah. La cause a été appelée pour la première fois en juin 2026. Les avocats ont appuyé leur argumentaire sur le fait que les procédures n’ont pas été respectées.
« C’était une arrestation arbitraire, sans mandat », soutient Me Michael Asong.
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Absence de preuves matérielles
Lors de sa défense, Me Augustin Ngeufack a relevé que le commissaire du gouvernement n’a pas pu produire les deux preuves à charge annoncées, à savoir une banderole et une clé Usb contenant une vidéo. Des éléments matériels qui viendraient confirmer l’infraction retenue. Les avocats ont également soutenu que André Blaise Essama n’avait pas l’intention d’encourager ou d’inciter à la rébellion. Mais qu’il avait plutôt un objectif de sensibilisation et un devoir de mémoire vis-à-vis des disparus.
Lors de l’audience de mercredi, Nzepang Scotty Winner a également recouvré sa liberté. Il avait été interpellé en même temps que André Blaise Essama. Poursuivi pour « rébellion et troubles de services », il payait ainsi le prix pour avoir intervenu lors de l’arrestation de l’activiste. Il a toujours clamé qu’il s’évertuait plutôt à calmer les populations présentes lors de l’intervention des hommes en tenue. D’après la loi, le Ministère public peut faire appel de la décision du tribunal militaire dans un délai de dix jours.
Mathias Mouendé Ngamo



















