Afrise manifeste sur le site de la Socapalm à Edéa

Réunies au sein de l’association Afrise, elle ont manifesté leur colère en brandissant des pancartes, vendredi 23 janvier 2026 à Edéa. La Socapalm réagit.

A Edéa, localité située dans le département de la Sanaga-maritime, des populations riveraines de la Société camerounaise de palmeraies (Socapalm) sont en colère. Ces femmes réunies au sein de l’Association des femmes riveraines de Socapalm-Edéa (Afrise) ont manifesté leur mécontentement vendredi 23 janvier 2026 à Apouth.

Lors de cet énième mouvement d’humeur sur ce site, les riveraines ont brandi des pancartes. Elles y ont couché l’essentiel de leurs revendications. On pouvait lire sur certaines d’entre elles : « Nous réclamons les terres de nos ancêtres confisquées par la Socapalm. » ; « Oui à la rétrocession de nos terres empiétées».

Arrivées à bord de motos peu avant midi, l’accès au site des plantations a été interdite aux manifestantes toutes de noir vêtues. Des éclats de voix reportés sur place. La Socapalm signale un acte d’agression à l’encontre du responsable de la sécurité en poste. Au bout de quelques minutes d’indignation, les membres de l’Afrise se sont résolues à quitter les lieux. Elles n’ont pu rencontrer de responsables de l’entreprise.

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Replanting

Une source à la direction générale de la Socapalm à Douala indique que les protestataires ont décliné la proposition de s’entretenir avec un cadre de l’entreprise au bout du fil. L’association que dirige Félicité Ngon se plaint de ce que la Socapalm reste sourde à leurs appels et revendications. Pour Afrise, la Socapalm ne fait qu’étendre ses surfaces en oubliant qu’il y a des populations tout près qui doivent aussi vivre, apprend-on. Les manifestantes font savoir que les populations ont besoin de l’espace vitale.

La Socapalm a commis un communiqué de presse à la suite du mouvement d’humeur sur le site d’Edéa. La direction générale de l’entreprise dit n’avoir pas été saisie, ni formellement ni par une quelconque autre voie officielle, d’une action annoncée ou d’une revendication préalable à cette “intrusion dans les plantations” en violation des procédures. Le Top Management dit avoir appris que cette action viserait à s’opposer au programme de replanting. Les responsables déplorent faire face, depuis 2023, à des blocages récurrents sur ce programme. Et ce, malgré les sensibilisations réalisées et les communications des autorités administratives sur le sujet.  

« Le replanting correspond exclusivement au rajeunissement du verger sur des superficies déjà exploitées et ne constitue, en aucun cas, une extension », précise le communiqué de la Socapalm.

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Des manifestations régulières

Ce n’est pas la première fois que le processus de rajeunissement progressif du verger de la Socapalm est décrié ou perturbé dans la Sanaga-maritime. Le 14 juillet 2025, une action du genre a conduit à l’interpellation d’une dizaine de jeunes du village Mbimbé. Ces riverains ont été cueillis par les éléments des forces de l’ordre après une altercation avec le sous-préfet de l’arrondissement de Dizangue. Ils ont été pris alors qu’ils formaient un bloc pour stopper l’opération de replanting engagée par les employés de la Socapalm. L’autorité administrative s’était rendue sur le terrain ce jour-là pour s’enquérir du climat délétère et désamorcer la situation.

Des témoignages rapportent que certains manifestants, à bout, ont tenté de s’en prendre au « chef de terre ». En riposte, ils ont été interpellés. Leurs camarades ont pris la fuite. Les employés de Socapalm ont par la suite repris l’opération de replanting. D’après le calendrier de l’entreprise l’opération accusait déjà une dizaine de jours de retard pour l’année 2025 en cours. Plusieurs autres mouvements du genre enregistrés.

Mathias Mouendé Ngamo