Ils ont initié une marche lundi 07 mars 2022 pour réclamer le paiement des salaires de leurs enseignants en grève depuis deux semaines.

Tout est calme au sein du lycée bilingue de Mambanda au petit matin du lundi 07 mars 2022. Les élèves en salle de classe depuis 7h attendent avec impatience les premières épreuves de la quatrième séquence. Aucune épreuve à l’horizon jusqu’à 8h30. Pour cause, les enseignants bien présents dans le campus obéissent au mot d’ordre de grève lancé par le collectif OTS (On a trop supporté). Autour de 9h30, un mouvement spontané des élèves prend corps dans la grande cour.

Les apprenants défilent d’un bout à l’autre. Ils brandissent ensuite des pancartes, bousculent le portail et se retrouvent dans la rue. C’est le début d’une marche en direction de la sous-préfecture de Douala 4ème. Les manifestants avancent en scandant leur revendication en soutien à leurs enseignants en grève depuis deux semaines déjà. « Payez ! Trop c’est trop !»,« On veut composer! » crient-t-ils à tue-tête.

« Payez nos enseignants »

Sur les écriteaux brandis, on peut y lire en français et en anglais l’essentiel de leur message. « Payez nos enseignants. Vous mettez nos examens en danger. Nous avons payé pour notre éducation » ; « On a droit à l’éducation. Où va l’émergence 2035 ? Allons-nous composer ? Nos enseignants sont en danger !!! #OTS». La marée humaine constituée de quelques 200 élèves vêtus de leur tenue de classe se déploie à travers le quartier Mambanda.

Les élèves se faufilent au marché de Mambanda, passent devant le cimetière de Bonabéri et marquent un arrêt devant la sous-préfecture de Douala 4ème, à Bonassama. Ici, un grand vacarme oblige la sortie du « chef de terre ». L’autorité administrative appelle au calme et promet aux manifestants de se rendre au lycée mercredi prochain pour une réunion de crise avec les enseignants, en vue de l’organisation des évaluations.  

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Le lycée bilingue de Bonassama dans la danse

Les élèves du lycée bilingue de Mambanda défoncent le portail du lycée bilingue de Bonassama.

Toujours mécontents, les élèves se dirigent ensuite vers le lycée bilingue de Bonassama situé à quelques encablures de la sous-préfecture. Ils forcent l’entrée au portail et invitent ainsi certains de leurs camarades à rejoindre le mouvement. Les manifestants maintenant encadrés par la police font chemin vers le lycée bilingue de Bonabéri à quelques 2 kilomètres, sur l’ancienne route de Bonabéri. Ici, les forces du maintien de l’ordre se servent de fouets pour dissuader les manifestants à réaliser le même exploit qu’au lycée bilingue de Bonassama quelques minutes plus tôt. Les élèves sont dispersés.

Si certains rejoignent directement leur domicile, d’autres retournent au sein de l’établissement scolaire, point de départ de la marche. « Nous sommes très affectés par cette grève des enseignants. Ça fait deux semaines que nous n’avons pas cours. Les enseignants viennent en classe et nous donnent juste des conseils de continuer à travailler. On devait entamer les épreuves de la quatrième séquence aujourd’hui (lundi, ndlr) pour les achever vendredi. Ça n’a pas eu lieu», déplore un élève de Tle D1 qui a pris part à la marche.

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« Aucune manipulation »

Les vidéos de la manifestation devenues très vite virales sur la toile, le commandant de la brigade territoriale de Mambanda et deux commissaires de police se rendent au lycée bilingue de Mambanda à 12h30. Dans son entretien avec les enseignants, le commandant demande « de ne pas utiliser les élèves comme bouclier. Ne les manipulez pas. Faites vos revendications sans heurts, sans trouble à l’ordre public. Pour le moment je la prends comme une manifestation pacifique, même si elle n’est pas autorisée », fait savoir l’homme en tenue qui indique que sa descente n’a pas pour but d’intimider les enseignants. Aux enseignants de retorquer qu’ils n’ont en rien diligenté le mouvement des élèves.

« Aucun enseignant n’a manifesté. Notre mouvement reste dans le campus. Depuis deux semaines, les enseignants épuisent toutes leurs heures sur place et rentrent chez eux. Il n’y a aucune quelconque manipulation du corps enseignant. C’est la petite bête qu’on voulait nous prêter pour nous museler», précise Roméo Akouem, le président de l’Amicale du personnel du lycée bilingue de Mambanda. Il réitère les mêmes propos lors de la visite de madame le délégué départemental des Enseignements secondaires du Wouri descendue au lycée bilingue de Mambanda à 13h34, après une escale au lycée bilingue de Bonassama et au lycée bilingue de Bonabéri.

Mathias Mouendé Ngamo